Mon premier cancer : 1, ou tout commence...
J'aime écrire, mais au départ je n'étais pas à l'aise à l'idée d'écrire cette histoire car je suis dans un mood positif tout en étant parfaitement conscient de la chose, je ne change aucunement mes habitudes, là ou certains me diraient bien "t'as le statut de malade, profites-en, fais-toi plaindre !!".
Finalement je vais l'écrire, pour ma mémoire et pour éviter de me répéter quand des proches me posent des questions. Ça sera une suite de posts partagés dans l'ordre chronologique.
Certains sont plus à l'aise que d'autres, certains gênés comme si ça leur arrivait. Et je comprends parfaitement ces réactions, personne n'est préparé à ça, et j'ai moi-même l'expérience de la récidive du cancer du sein de ma maman (elle nous avait caché le cancer initial pour nous épargner). Avec du recul, j'ai alors mal réagit, ça m'a surement fait peur, je ne sais trop, mais je sais maintenant que j'ai manqué d'empathie, tant avec ma mère que mon père. Mon frère a fait le job, et j'ai (lâchement) sous-traité, trop occupé par mes passions professionnelles et ma vie parisienne. L'éloignement avait ses avantages. Et pour ça, je lui en serai éternellement reconnaissant et je le remercie encore.
Je pose ça la pour dire que je comprends que ça puisse faire peur - la maladie de l'autre nous renvoie inévitablement à nous, comme un miroir effrayant. Et c'est souvent ce que j'ai ressenti face à la maladie des autres, impuissant à réagir.
Je sais que mon fils n'est pas à l'aise avec cet évènement. On en a beaucoup parlé car il n'était pas question pour moi de ne pas être transparent. Je lui avait demandé de ne pas en parler à sa mère, égoïstement afin de ne pas prendre le risque de recevoir des messages milieu de sa part et surtout d'écarter mon ex belle famille que ne fera jamais partie des gens que j'aime. Je vais toutefois lever l'embargo, et j'espère que cela fera du bien à Antoine de pouvoir en parler avec sa mère.
Anniversaire !
Voilà, c'était un cadeau de la vie pour mes 66 ans, mi-mars, surprise !
Mais reprenons depuis le début.
Début 2023, grace à mon frère qui s'était fait diagnostiquer et m'a persuadé d'y aller aussi car il existait une possibilité héréditaire, on m'a donc détecté un anévrisme abdominal. Pas inquiétant à ce stade, mais à surveiller. Et pour ça je suis traité avec un anti-cholestérol et de l'aspirine à faible dose. Et on verra l'importance de l'aspirine dans la suite des évènements.
Début 2024, avec mon amoureuse qui me fait marcher un peu (dans le bon sens) dans les magnifiques Alpilles qui me font face, j'ai remarqué que sur le chemin que nous avions emprunté six mois auparavant, une balade très facile, j'étais à la peine à la moindre montée. Alerte 1.
Pour mon anniversaire, j'ai invité à dîner dans une bonne table ma fille, qui vit maintenant à Paris et avait fait le déplacement, et mon amoureuse. Superbe soirée lors de laquelle ma fille m'a dit par deux fois, papa, tu es blanc ! J'ai l'habitude, les 4 écrans qui me font face, si grands soient-ils, ne me font pas bronzer.
Le monde médical m'a toujours fait peur, et ma dernière prise de sang datait de la naissance de ma fille. Elle a 26 ans. Toutes les prescriptions allant dans ce sens, étant restées au fond d'un tiroir. Avec du recul je me dis que l'angiologue qui a diagnostiqué l'anévrisme aurait dû s'en soucier, mais il a dû se dire que c'était le rôle de ma généraliste, sauf que je me suis contenté de photocopier ses ordonnances pour suivre mon traitement...
Pas totalement inconscient, peu avant la Covid, j'avais contacté des cliniques qui proposent, c'est un business, des checkups complets en deux-trois jours, ce qui a le mérite d'aller vite et de limiter l'angoisse de l'attente. Et puis, la Covid est arrivé, fin de l'histoire !
Circuit court, un peu de chance !
Dès le lendemain de mon anniversaire, j'ai pris rendez vous avec ma généraliste que j'ai vu le soir même. Une généraliste de mon âge, à l'ancienne, que j'aime beaucoup. Dès mon arrivée, après qu'elle m'ait fait remarquer mon manque d'assiduité, fermement mais avec beaucoup de délicatesse, je lui explique que ma fille me trouve blanc, elle a immédiatement prononcé un mot absent de mon vocabulaire usuel : Anémie !
Après m'avoir rapidement examiné, elle me prescrit la prise de sang idoine, et m'informe qu'elle prend ses premières vraies vacances depuis 25 ans, mais que son remplaçant sera briefé, qu'il me prendra un rendez vous avec un gastroentérologue très bien. Pour elle l'analyse sanguine ne ferait que confirmer l'anémie, elle ne doutait pas et m'explique que la suite se nomme Coloscopie. Ca m'a glacé, le ciel qui me tombe sur le crâne, et me voici absorbé par le monde médical qui me fait si peur.
En me quittant elle me rassure, me dit que c'est précoce, et d'ajouter : dites merci à votre fille !
Et c'est ainsi que je me suis retrouvé en quelques jours de ma généraliste face au gastroentérologue, en cherchant son numéro sur Google, je suis tombé sur des commentaires qui ne m'ont vraiment pas rassuré. Mais je sais également que les gens ne savent exprimer que le négatif pour se défouler.
En fait, un mec très cool, rassurant et empathique, très loin des spécialistes sachants d'antan. Il n'en reste pas moins que tout cool soit-il, que quand le mec vous explique qu'il va vous introduire une caméra dans le cul, et une autre par la bouche, pas la même, certes, c'est vraiment le grand flip, ma première visite dans une clinique, ma première anesthésie !
La suite rapide c'est un rendez-vous avec une anesthésiste elle aussi empathique et rassurante, et enfin le jour J, celui de la coloscopie. Tout ça en moins de trois semaines, dans une France où l'on parle de déserts médicaux. Je prends alors rapidement conscience des deux vitesses de la médecine : ceux qui peuvent payer des dépassements d'honoraires et les autres qui vont faire la queue à l'hôpital pubic. Je ne vais pas cracher dans la soupe et j'en profite volontiers, je fais peut-être un terrible raccourci, mais quelque part ça me donne envie de gerber !
Bien sur les gros mots, genre cancer ou tumeur ne font pas encore partie du paysage.
C'est aussi à ce stade que je prends conscience que je ne ferai pas médecine en 3 semaines sur Internet avec des tutos, aussi, moi qui veux toujours tout apprendre et tout comprendre, je me fais la promesse de ne jamais aller creuser le sujet sur la toile. Toutefois sur ce blog je vous mettrai quelques lien afin d'en améliorer la lecture.
À partir de maintenant, soit j'accorde ma confiance aux professionnels que je rencontre, soit j'en change.
A Suivre... 2 : Coloscopie
Commentaires
Les commentaires ne sont pas ouverts. Si j'avais eu envie de faire des likes et attendre des commentaires mielleux ou haineux, j'aurais fait du Facebook. Ici seul les membres, ma famille en général, quelques très proches, peuvent commenter. Mais si on se connait bien, nous sommes certainement en communication sur d'autres médias, plus intime et sans exposition. Et si vous n'êtes pas sur mon WhatsApp c'est que vous n'avez pas mon mobile, et donc que l'on ne se connait pas, bonne lecture !
Relecture
Merci à Marie pour la relecture. Et aux autres de me faire part d'éventuelle coquilles. J'ai finalement écrit tout ça presque à chaud afin de rester dans la justesse et de m'abstenir de romancer ce qui m'est en général facile et agréable.
