Sois jeune et tais-toi !

Sois jeune et tais-toi !

J'étais intrigué par cet essai dont le titre reprend un slogan que je connaissais plus dans sa version "Sois belle et tais-toi". Il évoque la jeunesse d'aujourd'hui et ne pouvait que me faire penser à celle que j'avais pu vivre au fond de mon village perdu en Provence, dans les années Giscard, sans Internet bien-sûr, mais sans même la télévision. Le seul média qui me touchait alors étant la radio, radio parentale avec le rendez-vous sacralisé de 13 heures avec le Jeu des mille francs !, et mon petit transistor où écouter une musique décente ne pouvait se faire que tard le soir et avant 1 heure du mat, heure à laquelle les radio stoppaient leurs antennes.

Je peux donc dire que dans l’insouciance de ma jeunesse, l’accès à la radio était une préoccupation que ne connaitront jamais nos jeunesses contemporaines.

Puis, un jour, au détour de courses avec papa, faites dans un plus gros village voisin, j’ai réussi à le trainer dans un magasin Thomson Ducretet qui proposait, entre aspirateurs et couteaux de cuisine, des électrophones ! Je ne sais pas si c’est l’électrophone ou la pochette du 45 tours de Sheila, toujours est-il qu’il se laissa convaincre et l'on écouta Les Rois Mages en boucle pendant des semaines. Maman avait fait ses gros yeux désapprobateurs et je pense que papa s'est bien fait gronder !

L’arrivée de cet électrophone a tout changé, j’ai d’abord pu me faire prêter des disques par des copains, et même en acheter quelques-uns. À l’époque la sortie d’un album était annoncée à l’avance et il fallait faire la queue chez le disquaire pour obtenir le Graal ! J'avais une préférence pour les Stones face aux Beatles que préféraient les filles, mais mon groupe à moi restait les Pink Floyd, pendant que Maxime nous distillait sa maison bleue...

Très vite j’ai désossé l’électrophone familial afin d’en augmenter la puissance en lui associant les restes d’un vieux juke-box. Avec l’électrophone des parents d’un copain nous avons ainsi créé notre premier setup de DJ et organisé nos premières boums au club des jeunes dont j’avais pris la présidence et où je passais mes nuits, quitte à dormir sur le billard. Je devais avoir autour des 12/14 ans, et au petit matin maman envoyait mon frère me réveiller dans l'espoir que je ne loupe pas le collège, non sans avoir avalé un lait de poule !

Mais je m’égare, car je voulais parler de cet ouvrage de la journaliste Salomé Saqué. J’en retiens que la jeunesse des boomers dont je fais partie, qui avait certes, et surtout en ville, moultes problèmes, était portée par une insouciance collective, celle d’aujourd’hui l’est par une souciance de tous les instants.

Je ne vais pas ici reprendre les extraits de ce livre, le presque hasard a fait que nous l’avons lu presque en même temps avec ma fille, ce qui constitue une excellente base d’échange parent / enfant dont on aurait tort de se priver, même si dans la pratique nous n'avons jamais eu besoin d'un support pour échanger sur tous les sujets.

Je reste persuadé que beaucoup de parents sous estiment les interrogations légitimes de leurs grands ados et adulescents, et que ceux-ci expriment peu leurs préoccupations en se disant que daronne et daron ne peuvent de toutes façons pas comprendre !

Bref, lisez et parlez !