Mon premier cancer : 13, Eté 2025
L'été est déjà loin, mais j'attendais d'avoir fait mes contrôles d'octobre pour me motiver à écrire un peu. L'an dernier à la même époque je vivais au rythme des chimiothérapies et j'étais souvent une loque. Je suis content d'avoir écrit ces épisodes tant je me rends compte que l'on oublie facilement les (mauvais) souvenirs. Je m'interroge sur la pertinence de continuer et je ne suis pas très satisfait de ce post, mais d'aucuns se sont inquiétés que je continue pas, alors voici...
Le temps de l'été
En Provence le mois de juillet est le mois le plus vivant de l'été (et de l'année), tandis qu'il ne se passe plus grand chose en août. Mes enfants étaient là et je crois que ma fille a battu son record du nombre de spectacles et d'expositions en trois semaines. J'aime ses passions culturelles. On en a partagé quelques spectacles et j'ai particulièrement apprécié La Distance de Tiago Rodrigues dans le cadre du Festival (In) d'Avignon. Merci encore pour ce partage ! Il y a longtemps que je n'avais pas été touché de la sorte. Il y a une tournée et je vous recommande vraiment. Mon amoureuse aime la danse, cela nous à conduit à deux très belles soirées dans le cadre de Vaison Danses. Et aussi plein d'autres choses, mais je ne vais pas faire ici l'inventaire.

Je ne sais pas s'il faut attribuer cela à l'âge, la maladie ou la fatigue inerrante, mais cet été j'ai trouvé que j'étais moins patient avec mes enfants. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas trop, la peur de l'EHPAD se profile !
Page tournée
Après une douzaine de kilomètres à crapahuter dans les Alpilles et à y réfléchir, l'évidence m'a conduit à supprimer la première partie de ce chapitre qui ne regarde que moi.
Mais c'est ainsi que je me suis retrouvé à une heure du matin dans une ville que je ne connait pas, très fatigué et tout de même un peu triste malgré que je sois à l'initiative de la situation. L'idée de faire face aux 400 kms pour rentrer chez moi ne m'enchantait pas vraiment. J'ai un temps imaginé chercher un hôtel, c'eût été plus raisonnable. Finalement, je me suis arrêté dans une station-service pour un café salvateur, les stations d’autoroute ont toujours quelque chose de mélancolique la nuit. À la suivante, un auto-stoppeur m’a abordé. Trentaine, guitare sur le dos, sourire sincère : il m’a tenu compagnie tout au long de ma route. Nous avons refait le monde, deux générations diamétralement opposées trouvant un terrain d’entente le temps d’un trajet. On ne se reverra pas, mais j'ai adoré cette rencontre fortuite qui a allégé ma route et apporté une touche inattendue d’humanité.
Vercors
Pour moi le Vercors est un beau et gros souvenir d'enfance et d'adolescence. Quand j'étais enfant j'étais un garçon très chétif, un peu maigrelet. Les docteurs avaient estimé que j'avais besoin d'air marin. C'est ainsi que je m'étais retrouvé un été à Sète et une autre à la Couronne. J'ai détesté me retrouver avec des enfants de la ville, moi qui était issu d'un tout petit village, et qui par ailleurs avait sa propre colonie de vacances dans le Vercors. Chemin que j'ai suivi les années suivantes et ou j'ai passé de merveilleux étés. Alors que je n'avais plus l'âge, je m'y étais même fait embaucher un été, un job fabuleux ou j'avoue avoir passé pas mal de temps dans la boite de nuit locale avec le reste de l'encadrement. C'était en 1976, l'année ou Carlos Santana a sorti Europa, et ça personne ne peut l'oublier, en tous cas pas moi. Trois mois plus tard c'était le service militaire à Phalsbourg, (beaucoup) moins drôle et bien moins beau !
Si je vous raconte tout ça c'est que ça faisait un moment que j'avais envie de retourner dans le Vercors. Ce fut chose faite le temps d'un week-end. Pas de colonie de vacances mais des paysages enchanteurs, très verts et bienvenus dans une été caniculaire. Je me suis un peu trompé pour l'hôtel qui était sur le versant est et non sur le plateau, mais l'Auberge Buissonnière est une très belle adresse, au milieu de nulle part, que je recommande !
Landes et Pays Basque
Avant la période des contrôles j'ai pris soin de planifier une semaine de vacances. En profiter avant de possibles mauvaises nouvelles. Et pour contredire l'idée selon laquelle je ne saurais aller qu'en Italie, nous voici partis dans les Landes, un coin de la France que je ne connaissais pas. Pas d'hôtel pour ce voyage, mais la maison d'un ami à Seignosse. C'est le paradis des surfeurs, et fin septembre il ne reste que les plus irréductibles, les touristes de l'été ont quant à eux disparu, ce qui ne fait vraiment plus grand monde sur ces plages quasiment infinies. Prendre un petit déjeuner sur la plage est un vrai plaisir, et le soir venu cette table vaut vraiment le détour, d'ailleurs on y est retourné et c'était l'occasion de retrouver un ami cher.

Les averses de pluie nous accompagneront toute la semaine, tout en nous laissant de larges fenêtres pour nos activités. Ce joli coin de paradis est très bien pourvu en pistes cyclables, dès lors louer des vélos (à assistance électrique) s'est imposé. Ca permet d'aller plus loin, de changer le prisme visuel, c'était très agréable, et j'étais étonné de la distance parcourue.
Biarritz est à côté, mais je n'en garderais pas un souvenir impérissable, trop touristique, trop bobo, bien que j'en sois (un peu). Bayonne pas mieux, sauf une bonne table japonaise. J'aime bien passer les frontières, j'ai aimé diner dans un restaurant populaire et pas cher à Irun. Avec un peu de nostalgie, Irun / Hendaye ça m'a fait penser au terminus des trains de nuit que je voyais jadis partir alors que je prenais moi même d'autres directions. J'ai apprécié San Sebastian et un peu moins Bilbao avec la visite (inévitable) du le musée Guggenheim, j'ai adoré l'architecture, un peu moins les expositions en cours, notamment celle de Barbara Kruger qui prends pour cible les excès de la société de consommation, tout en proposant à la vente toutes une panoplie de produits dérivés... Par contre, non loin de San Sebastian j'ai adoré l'espace Chillida Leku.
A l'aller nous avons fait un halte à Toulouse dont j'avais un bon souvenir. Pour cette visite j'ai trouvé la ville rose pas très agréable, bruyante et sale, mais c'était bon !
Côte bleue
Retour vers la méditerranée ou on a aimé se balader le long de la côte bleue sur des sentiers qui surplombent la mer. Mais également découvrir tout près de Marseille la très authentique calanque de Niolon où la gare, aujourd'hui remplacée par un distributeur de tickets, héberge un hôtel / restaurant avec vue imprenable sur la mer. Dans l'absolu il vaut mieux y aller en train car en voiture il faudra se garer bien plus haut et le retour sera plus difficile !
Visiteur
Et pour terminer cette période, mon fils m'a fait la surprise de débarquer pour les vacances scolaires de Toussaint et ainsi renouer avec ce qui a été notre rythme pendant des années. J'ai aimé cette semaine en tête à tête avec des moments de partage et de riches échanges. Lui aussi.

Je ne vous ai pas tout raconté, mais je partage également quelques images de souvenirs en privé sur mon Instagram @mycanaletto.
Contrôles
Ce 10 octobre il se passe plein de choses, mon fils fête 23ème année (que le temps passe !), la France attend désespérément un nouveau PM (la bonne blague) et moi je passe ma fin de journée à actualiser la page du labo en espérant de bons résultats pour les prélèvements de la matinée. Comme toujours le niveau d'angoisse monte un peu...
J'ai toujours autant la trouille des piqures, j'ai donc groupé la biologie afin de ne subir qu'un seul prélèvement pour quatre prescriptions. Celle pour le scanner, ou on valide la possibilité de réaliser cet examen avec une injection d'iode. Cette étape aurait couté la vie à Michel Blanc. Une autre de la part de l'Oncologue, je ne le verrais pas, c'est le chirurgien qui prends le relais un coup sur deux. J'ai également une prescription de la Généraliste, principalement le suivi des carences (vitamines, etc...). Et enfin l'Angiologue, qui lui s'intéresse à mon cholestérol et où je risque de me faire gronder en faisant ces analyses en rentrant du sud-ouest !
Quelques résultats sont altérés par la grosse crève que je me suis trainé presque 4 semaines au retour des vacances. On passe au rendez-vous avec les différents professionnels de santé, et comme si ça ne suffisait pas j'ai ajouté opticiens et dentistes !
- Scanner : Mes veines sont invisibles, l'infirmière à du s'y reprendre 4 fois ! Je déteste ça et je me demande pourquoi certaines y parviennent facilement, là ou avec d'autres c'est une véritable torture. Un moindre mal toutefois, les résultats sont rassurants et ça me donne le smile !
- Chirurgien : Un peu à la chaine lui aussi regarde les images, puis confirme le verdict du radiologue. Tout va bien pour l'instant.
- Généraliste : Visite de routine, renouvellement de quelques prescriptions, mes différents taux sont remontés et je vais arrêter de me bourrer de vitamines et de fer, mon caca va retrouver sa couleur naturelle.
- Angiologue : La taille de mon anévrisme abdominal est stable et mon cholestérol ne lui déplait pas. Pas d'intervention chirurgicale à court terme. On se revoit dans six mois. Profitez de la vie me dit-il. J'aime beaucoup ce professionnel, très empathique et passionné par son job. Il trouve même le temps d'écrire régulièrement et c'est intéressant.
En écrivant ce bulletin de santé, et après avoir échangé avec des amis pour qui les nouvelles sont moins encourageantes, je me rends compte que j'ai une certaine chance, ce qui m'incite à savourer les petits bonheurs. Chaque bon moment est un cadeau.
Collector
Je devais avoir 16 ans et avec mes copains on était en vacances en... Italie ! Merci à ma cousine pour ce souvenir. J'ai peu de photos de cette époque, à l'époque les tirages étaient couteux et on économisait la pellicule. Chacun appréciera le style, les pates d'éléphant, et non, je ne fumais rien d'illégal...

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