Mon premier cancer : 3, Diagnostic
Une semaine ou dix jours plus tard me revoici chez le gastro. Il m'explique que rien de catastrophique (pour lui !), mais que ce serait bien, rien de m'y oblige car c'est peut être inutile, mais que ça serait bien d'ôter trente centimètres de mon colon pour être tranquille. Il m'explique calmement, schémas usés à l'appui, schémas fatigués qui ont dû voir nombre de mes semblables défiler. En substance il m'explique que ce morceau ne sert à rien, autant le virer. Seconde douche froide.
Bien-sûr, il a prévu le coup, en a parlé à son pote chirurgien viscéral et digestif, donc spécialiste de la chose. Il m'assure que c'est un mec bien qui m'expliquera les tenants et aboutissants, que ce n'est rien, trois petits trous qui disparaîtront rapidement. C'est vrai, on ne les vois plus.
Flip, mais je commence à être surpris de ma réaction, curieusement j'ai de moins en moins peur. À ce stade, le mot cancer n'est pas prononcé, il laissera les gros mots à sont pote chirurgien.
Depuis quelques mois je pensais à changer ma vieille Jeep Grand Cherokee qui accuse 23 ans d'âge ! Et me vois à lui demander si je dois poursuivre ce projet. Mais bien-sûr que vous devez le faire. Et pour quel modèle ? Et c'est ainsi que, passionné de bagnoles, on poursuit sur ce sujet plus léger pendant plus de 30 minutes durant lesquelles il m'expliquera qu'il n'a jamais osé le Grand Cherokee, mais que ça faisait partie de ses rêves de jeunesse. L'art de prendre le temps de dédramatiser la situation, ça fait partie de son job, mais d'aucuns m'auraient expédié rapidement.
Le chirurgien spécialiste du colon que je rencontre quelques semaines plus tard est de la même veine, un breton égaré en Provence. Bon feeling, le courant passe bien. Les mots sont posés, tumeur, cancer du colon.
Il m'explique très clairement les risques et les avantages de l'intervention, avouant même qu'il n'est pas à l'abri de se planter, mais qu'en général il s'agit d'un intervention courante qu'il me conseille vraiment, tout en m'expliquant que je ne suis pas obligé de la faire, et que ça ne servira peut-être à rien. Franchise et honnêteté. J'aime cette façon de faire, et bien-sûr je dis oui.
On passera sur le changement de clinique dû à des problèmes financiers, le business, et qui m'obligent à repasser deux fois la case anesthésiste et à me retrouver à la clinique Urbain V où ma maman a trop souvent séjourné. Un autre choc, j'encaisse.
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