Mon premier cancer : 7, Chimio
Où l'on passe à un autre niveau ! On a tous entendu parler de chimiothérapie, un gros mot qui englobe certainement une multitude de variantes avec divers effets secondaires. Ce qui me semble commun, c'est l'association avec le mot cancer, qui lui aussi regroupe une multitude de maladies.
Ces derniers temps j'ai vu des news affirmant, presse scientifique à l'appui, que ces cancers seront de plus en plus fréquents et surviennent de plus en plus jeune. Malbouffe, stress, pollution, conditions de vie ? Je n'ai pas creusé le sujet et je pense surtout que la recherche permet d'identifier les maladies de plus en plus tôt, si tant est qu'un dépistage proactif existe !
La prise en compte du facteur héréditaire est importante. On l'a vu, on détecte un anévrisme abdominal chez mon frère (plus jeune de 4 ans), quelques mois plus tard je me soumets à ce dépistage, avec la peur bien présente, et on me détecte la même chose. On consulte maintenant l'angiologue tous les ans. J'ai également vu son cardiologue, tout semble OK, test d'effort programmé. Suite à ma coloscopie je l'ai tanné pour qu'il aille faire cet examen, j'ai bien senti sa peur, bien naturelle, mais quelle joie de savoir qu'il n'a même pas l'ombre d'une petite tumeur. Le voilà rassuré !
Si je parle de ces facteurs héréditaires, c'est bien pour signaler à nos enfants qu'ils devront en tenir compte. Pas pour l'instant où ils doivent profiter de leur jeunesse, mais il ne faudra pas qu'ils attendent la cinquantaine pour y penser !
Cures...
L'Institut du cancer Sainte Catherine d'Avignon, je n'y étais jamais allé, mais ma maman y avait passé de douloureux moments et c'est donc pas très rassuré que je m'y suis présenté pour ma première cure. La première chose encourageante est que l'établissement a été entièrement refait, ça sent le neuf et le matériel à la pointe (sauf bien sur l'incongrue idée d'installer des tablettes sous Windows sur chaque fauteuil, tablettes bien sur défaillantes qui font dire au personnel : c'est le seul truc qui ne fonctionne pas ici ! Belle pub). Tout est pensé afin d'éviter autant que possible le croisement des malades. La prise en charge est fluide, très bien organisée et bienveillante.
C'est mon impression, à laquelle s'ajoute la volonté de prendre en charge le confort et le bien être des patients, au delà de l'aspect purement médical. Ça peut paraître de l'ordre du détail, mais quand on se retrouve installé pour un peu plus de trois heures avec une perfusion et qu'une personne vient prendre de vos nouvelles, vous demander si vous souhaitez déjeuner, goûter ou juste boire un thé, c'est là le petit plus d'humanité qui fait une différence énorme !
Pour ma première cure, l'assistante de l'oncologue m'avait recommandé de faire appel à un taxi conventionné. C'est pris en charge par notre valeureuse Sécurité Sociale au titre de l'ALD. Ne sachant pas trop où j'allais et dans quel état j'allais en sortir, j'ai pris cette option. Grave erreur, ce mode de transport est maintenant mutualisé. Si cela semble logique, subir deux heures (20 mn. normalement) de taxi collectif après plus de 3 heures de chimio était la partie la plus désagréable ! D'autant plus que la fatigue liée ne se manifeste pas tout de suite et que je suis en état de conduire. Quant aux taxi, ils jouent le jeu de la mutualisation avec joie, mais la répercutent peu sur l'addition au regard de ce que je constate sur les relevés Amélie.
Me voici donc un lundi à 13h30 (on me laisse le choix de l'horaire) à attendre mon tour. Enfin, attendre n'est pas le mot, car la ponctualité a toujours été de mise.
On débute par un entretien avec une infirmière, bienveillante, qui prend des nouvelles, s'enquiert d'éventuelles douleurs, fait quelques relevés, me pèse et m'étiquette. J'ai tout de suite compris que c'est elle qui affecte le box de soins privé, ou le la salle à trois fauteuils ! En lui rendant sa bienveillance j'ai toujours eu droit à un box privatif, ce qui assure tranquillité et intimité, dans ce moment-là je n'ai aucune envie de faire la conversation à des inconnus.
Une fois installé j'ai droit à plusieurs visites, des infirmières qui expliquent en prenant leur temps, et puis celle qui débarque avec ses outils et la dose ! Cette chimio étant considérée comme légère, je n'ai heureusement pas droit à un Port à Cath (PAC), et on me pose une simple perfusion. La mise en place est un peu plus longue, faite avec délicatesse, et ça ne laisse pas de traces à la sortie. Ensuite c'est de la chimie et de la petite robinetterie. Plusieurs produits passent dans mes veines, le principal étant le traitement prescrit.
À ce stade une routine s'installe, je baisse le store afin d'assombrir le box, je sors ma tablette sur laquelle j'ai téléchargé une série facile et, écouteurs sur les oreilles, je laisse passer le temps. Je n'y prendrais pas goût, mais finalement ce moment n'est pas si désagréable, en fait tout est fait pour qu'il ne le soit pas.
Attention, pour les vidéos il faut préparer son affaire, sur place il ne faut pas compter sur une couverture 4/5 G acceptable avec aucun des 4 opérateurs. Il y aurait une restriction liée aux équipements de radiothérapie adjacents.
Si cette partie est relativement "facile", la suite chimique se passe avec des doses biquotidiennes de Xeloda. À partir du jeudi une énorme fatigue se fait ressentir, simplement se laver les dents devient une corvée, je dors mal et passe la journée à somnoler, je perds le goût et l'appétit, mais pas seulement l'appétit alimentaire, également le goût à lire ou visionner des choses qui habituellement m'enchantent ! Une sensation très bizarre que j'ai du mal à expliquer. Ça dure 8/10 jours et puis la vie reprend son cours. L'appétit revient sous toutes ses formes, et je me suis vu dévorer un tartare de bœuf, moi qui ne suis pas naturellement porté sur la viande rouge !
À la fin de la troisième semaine de chaque cure il y a le rendez-vous avec l'oncologue. Le chef s'étant octroyé quelques vacances, j'en vois un autre tout aussi bienveillant. Il s'enquiert de mon état, moral et physique, et adapte la cure suivante. Il constate ma perte de poids (- 7 kg depuis l'intervention, ce qui doit être impossible avec un simple régime Comme J'aime...). Il me pousse à manger, Lors de la semaine de repos faites-vous plaisir avec tout ce qui peut vous plaire, et mangez de la viande rouge ! Sans pour autant être végétarien, plutôt flexitarien, au fil des ans je mange bien moins de viande, et encore moins de viande rouge, je ne partagerais pas ces tables avec ma fille qui a fait le choix végé, mais je vais suivre ses conseils car il faut absolument que je retrouve mon poids. Le volet positif est que je peux enfin profiter de certains vêtement jamais portés car ils s'avéraient un peu justes. Toujours voir le positif en toutes choses !
Dans mes oreilles cette semaine (pour les mélodies, mon anglais est toujours aussi médiocre)
Je l'ai expliqué dans le post précédent, chaque cure s'étale sur 3 semaines. Si les deux premières constituent la cure, la troisième c'est relâche où tout semble redevenir normal. Il faut profiter au maximum de cette semaine off, manger de bonnes choses, sortir, s'offrir de bons restaurants et profiter au maximum du week-end qui clôture cette semaine, ce qu'on a fait dimanche avec mon amoureuse en allant voir la mer - voir la mer me fait toujours du bien. Et au passage je vous recommande d'aller déjeuner ou goûter dans ce lieu magique. Une fois de plus je mesure l'importance, plus que jamais dans ces circonstances, de ne pas se sentir seul, isolé !
En titrant cette série d'articles "Mon premier cancer" j'avais bien conscience de la brutalité de la provocation. Vis-à-vis de lui bien-sûr, mais également pour éviter cette lecture à ceux qui ne seraient pas à l'aise avec le sujet. Et ce d'autant plus que je suis conscient que j'en fait partie ! (oui encore). J'ai toujours détourné mes yeux des films, livres et séries qui abordent la maladie et le monde médical. Vade retro satanas !
Ça dit ce que ça contient, même si en me relisant je constate le contenu est bien plus soft que le titre.
Voilà, lundi 26 août j'ai attaqué la troisième cure que je pensais dernière, mais j'avais mal lu, 3 mois de chimio = 4 cures. Il y en aura donc une quatrième le 16 septembre, à l'issue de laquelle ça sera scanner de contrôle et bilan. Pour l'instant je vis le présent, plutôt sereinement.
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