Suite ferroviaire et germanique...
Suite au Geste déplacé, j'avais promis deux suites plus ou moins croustillantes...
Suite ferroviaire
Je retrouvais en général ma belle le vendredi en fin de journée dans le Turbo train qui reliait Strasbourg à Lyon, un train de jour genre TGV avant l'heure, qui imposait une certaine retenue. Puis dans la nuit du dimanche au lundi je la retrouvais à Dole dans le train de nuit. Et c'est là que ça a dérapé.
Dans ce compartiment il y avait deux banquettes moelleuses qui se faisaient face dans l'obscurité. Juste un peu de lumière lorsque nous traversions une gare endormie. L'une de ces banquettes était occupée par un homme qui ronflait, probablement un militaire, et nous occupions l'autre. Bien sur nous on ne dormais pas, et une nuit, l'excitation grandissante à conduit à l'inévitable passage à l'acte, maladroit certes, une première pour moi !
Ce qui aurai du rester qu'un joli souvenir s'est hélas transformé en drame quelques heures plus tard. Il faut savoir que quand on rentrait de "permission", le terme militaire pour nommer un week-end, le lundi matin, il y avait un appel dans la cour de la caserne afin de vérifier que tout le monde était bien rentré. C'est également lors de cet appel qu'étaient distribuées les éventuelles sanctions aux appelés. Et c'est là que j'ai appris devant tout le monde que j'écopais de quelques jours d'arrêts pour comportement obscène nuisant à la réputation de l'armée française ! Etre aux arrêts en langage militaire, c'est la case prison !
J'ai rapidement compris que le militaire qui ronflait en face de nous était allé cafter ! Un adjudant frustré qui plus tard baissera la tête quand je le croiserait.
Bien sur tout le régiment a cherché à savoir ce qui avait bien pu se passer, et dans ce monde totalement masculin, un peu de sexe dans un train de nuit m'a valut respect et admiration !
Bref, je me sui fait gauler et j'ai fait un peu de prison avec les corvées associées !
Suite germanique
Plus tard ma belle me proposera de la rejoindre un week-end à Fribourg ou elle travaillait. Je m'en faisais une joie et au lieu de rentrer chez mes parents près d'Avignon me voici partit en direction de l'Allemagne. Il faut savoir qu'en tant qu'appelé au service national on n'était pas autorisé à se rendre à l'étranger sans motif sérieux.
Arrivé à Fribourg dans la soirée je me mets en quête de l'adresse qu'elle m'avait indiquée. Bien sur à l'époque il n'y avait pas de téléphone mobile, encore moins de Google Maps et le dernier contact datait d'une ou deux semaines.
Je trouve la rue avec un nom bizarre pour moi, l'immeuble et j'arrive au dernier étage ou elle occupait un studio. Sur le palier il y avait un grand fauteuil. J'ai eu beau frapper mais personne ne m'a répondu. J'ai fini par ressortir afin de me sustenter, puis je suis revenu, toujours personne et j'ai passé la nuit sur le fauteuil, délicate attention s'il en est !
Et au petit matin, quelle ne fut pas ma surprise de la voir sortir, avec un autre homme !
Je ne me souvient plus trop de ma réaction, ni de ce que j'ai pu dire, toujours est-il que dépité je me suis cassé et j'ai erré dans cette ville que je ne connaissait pas avec mon baluchon sur le dos à ruminer ma déconvenue. Et là il y a eu un autre drame !
Je me fais arrêter par la police locale pour avoir traversé un passage piéton au rouge. Contrairement à la France, les allemands sont très à cheval sur ce genre de législation. Contrôle d'identité, et étant donné qu'en tant que militaire appelé je n'avais pas le droit d'être en Allemagne, case prison avec le ramassage de la nuit dans le but de me livrer aux autorités militaires françaises locales !
Comme ils me demandent ce que je foutais là, je leur explique que j'avais rendez vous avec une amie, sans toutefois leur narrer ma déconvenue. Il se trouve qu'ils la connaissaient, elle était journaliste pour la presse locale et trainait souvent chez eux à l'affut de quelques informations. Intrigués, ils finissent par la contacter et elle me sortira de là !
A la sortie l'ambiance était glaciale, de mon fait bien sûr, j'étais blessé, mon ego en avait pris un sacré coup ! Elle essayera de m'expliquer, de me rassurer, me presse de rester, mais mon ego de jeune mâle en avait pris un gros coup, la magie avait disparue... Fin de l'histoire !